Jeudi 22 décembre 2005
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Hier, je vous avais concocté un petit post explicatif sur le pourquoi de la fameuse grève des transports, dont tout le monde parle… aujourd’hui, un petit post plus anecdotique, sur les petites aventures au J-2 de celle-ci.
Il y a bien sûr ceux qui souffrent de la grève. Même si j’avoue que je suis assez impressionnée de l’état d’esprit des new-yorkais, qui continuent leur petite vie sans se plaindre, sans se poser dix mille questions, avec un certain fatalisme en fait, du genre « bon on ne peut rien y faire alors comme toujours on fonce ».
Parmi ceux qui souffrent de la grève, on pense bien sûr aux travailleurs, mais des fois on a des petites surprises, comme par exemple l’église à côté de mon travail, qui a dû modifier ses heures de service, car le prêtre n’arrive pas à l’heure !
Beaucoup avait pris un jour hier, ce qui fait que bizarrement la ville était assez calme. Ce qui est très frappant, surtout dans le quartier où je travaille, qu’on appelle Midtown. C’est le quartier des gratte-ciels, des banques européennes (les américaines sont plutôt à Wall Street), bref le quartier des jeunes cadres dynamiques qui viennent au travail en skate-board J Normalement, c’est odeurs de nourriture partout (à cause des petits kiosques à hot-dogs à chaque coin de rue), sirènes hurlantes, klaxons, embouteillages interminables à toute heure de la journée, et foules sur les trottoirs.
Hier, après quelques pérégrinations, je suis finalement arrivée au travail à 11h (après une bonne marche J ), et j’ai été très surprise de trouver le quartier « vide ». En fait, on voyait quasiment plus de touristes que de salariés !
Situation différente aujourd’hui, car les gens ont déjà perdu un jour de travail hier, et ne peuvent se permettre d’avoir plus de retenues sur leur salaire. Par tous les moyens, ils se sont donc organisés pour venir. Au deuxième jour de grève, les gens se « rôdent » petit à petit… Il y a ceux en vélo, en rollers, en skate-board (avec le verglas qu’il y a par terre je ne sais pas comment ils font). Ceux qui continuent à prendre leur voiture, et qui organisent des stops différents pour passer prendre leurs collègues. Et puis, ceux qui tentent le taxi…
Le taxi, ca m’amène à vous parler de ceux à qui la grève profite quand même un peu. Avec le trafic que la grève engendre, les chauffeurs de taxi ne peuvent pas avoir autant de clients différents en une seule journée. Pour compenser cette perte, le maire de New York a mis en place une régulation spéciale : les chauffeurs ont le droit et sont même encouragés à prendre 4 clients à la fois, et il n’y a pas de compteur. Pour la prise en charge, chaque client paye 10 dollars, et ensuite, la ville est divisée en 4 zones. A chaque fois qu’on passe une zone, on paye 5 dollars de plus. Mais attention, même si les quatre passagers vont exactement au même endroit, ils doivent payer chacun ce forfait, ils ne peuvent pas partager le prix ! Les chauffeurs de taxi, hier, étaient un peu les « rois du monde », avec tous les gens qui n’avaient plus de métro !
Et les autres qui profitent de la grève, ce sont les restaurants qui organisent des livraisons à domicile ! Ici le « delivery », la livraison, c’est presque une religion : on pourrait ne vivre que de ça ! Ce qui explique en partie le fait que personne ne cuisine, tout est mis à disposition. Eh bien aujourd’hui, les livreurs à vélo ont eu beaucoup de travail ! Car avec le nombre de gens qui sont restés chez eux, la livraison reste une solution quand même bien pratique…
Les rumeurs disent que la grève pourrait se finir demain soir. Si seulement…