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Sarah qui ?

Sarah Benlolo

Etudiante en cinquème année à l'Ecole de Journalisme de Sciences-Po Paris.

Expatriée pendant 6 mois à New York, stagiaire au Figaro-France Amérique, édition internationale du Figaro publiée à New York, à destination de la communauté francophone.

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Petite vie quotidienne...

Dimanche 22 janvier 2006 7 22 /01 /Jan /2006 22:37

Bonjour à tous, et désolée de mon absence online ces 15 derniers jours… après une petite parenthèse en France, le retour ici a été beaucoup trop chargé à mon goût, et m’a empêchée de me consacrer normalement à mes mises à jour…

Me voilà donc de retour, et retour signifie forcément… courses ! Eh oui, après avoir consciencieusement vidé le frigo avant le départ, et laissé quand même quelques provisions périssables à mes chères colocataires, me voilà devant des réserves désespérément vides à mon arrivée…

Alors là, deux choix :

-         sortir dans le froid (par encore polaire bizarrement, c’est un hiver très supportable), attendre le bus avec le vent en pleine face, rentrer dans le bus, faire 35 minutes de trajet, aller au grand supermarché de la ville, remplir a bloc un petit panier en arrivant à peine à la porter à travers les rayons, rentrer au passage dans 10 personnes qui bien sûr ne vont pas s’excuser (tradition new-yorkaise), arriver à la caisse déjà épuisée, repartir avec 3 sacs énormes à bout de bras, se faire aborder par 4 taxis compatissants (ou avides d’une course, au choix) entre le supermarché et l’arrêt de bus, re-attendre le bus, refaire 35 minutes de trajet, encombrée par les 3 gros sacs, et enfin arriver chez soi…

-         s’asseoir confortablement sur son lit, prendre son fidèle ami l’ordinateur, et entrer dans le navigateur l’adresse magique : www.freshdirect.com

Passer en revue les rayons, choisir les différents produits, valider le chariot, entrer son adresse, et attendre sa livraison le lendemain, le tout pour 5 dollars.

Entre les deux, mon choix a vite été fait. Pour ceux qui s’inquiètent en se disant « la pauvre, elle n’a pas un supermarché juste a côté », pas de panique. J’en ai quand même un à deux minutes de chez moi, mais il est assez mal achalandé. Alors que chez freshdirect, ils ont a peu près tout ce dont on peut rêver, et même plus. Depuis les fruits et légumes, aux viandes, poissons, conserves, boissons… et même, plats tout prêts, aides culinaires, plateaux-repas… OK, il y a un minimum d’achats de 40 dollars, mais malheureusement, 40 dollars dans cette ville pour faire ses courses, c’est presque symbolique …

A découvrir ce genre de sites, on finit par comprendre pourquoi les Américains sont aussi adeptes de la sédentarité, et pourquoi la livraison est une vraie religion… quant à moi, en déballant mes quatre gros cartons tout fraîchement livrés, je m’extasie devant la culture du service à l’extrême telle qu’elle est pratiquée ici… un des bons côtés de la vie à l’américaine !

Par Sarah Benlolo - Publié dans : Petite vie quotidienne...
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Vendredi 23 décembre 2005 5 23 /12 /Déc /2005 05:36

Bon apparemment les rumeurs d’hier avait leur fond de vérité, puisque cet après-midi, le syndicat des salariés de la MTA a voté la reprise du travail… avec effet cette nuit (sûrement vers 4h du matin pour les métros, et vers 1h du matin pour les bus).

Ce qui signifie que oui, j’ai encore eu droit a ma journée de marche moi… Cela dit, les gens se sont franchement bien rôdés à présent. Ce matin, départ de l’appartement avec une de mes colocataires, direction la gare de train (et non de métro), qui est à une belle demie-heure de chez nous. Arrivées là bas, nous voilà bloquées à l’entrée par des policiers dont on ne voyait plus que les yeux à travers leur cagoule pour se protéger du froid… je vous jure on aurait dit des terroristes mais bon dans ce pays il vaut mieux ne pas tenter la comparaison J

Bref les messieurs, débordés par le nombre de gens qui se sont reportés sur le train, ont décidé de mettre en place des files d’attente tout autour de la gare, sur plusieurs lignes d’épaisseur. Alors une fois dedans, ça fait un peu comme quand on fait la queue à Disneyland, ça serpente dans un sens et dans l’autre, sauf que une fois arrivé sur le quai, le train est beaucoup moins drôle qu’à Disneyland… Pour la peine je me suis même arrêtée pour tenter de prendre une photo de ce moment historique… Très organisé tout cela, non mais ce n'est pas parce que c’est la grève que ça doit nécessairement être l’anarchie…

Ensuite, ville incroyablement calme… rues presque vides, restaurants pleins de tables disponibles a midi (ce qui dans le quartier relève de l’exploit)… et puis, vers 16h, l’agitation a subitement repris, les bruits des sirènes et klaxons avec… la fin de la grève venait d’être annoncée, et l’effervescence a gagné NY…

Il était temps je crois, car les gens commençaient à vraiment avoir l’air fatigué de tout ça. Et mon pauvre doorman au travail dont je vous avais parlé, venu du Bronx tous les jours sur son vélo, est tombé hier sur du verglas et s’est bien amoché… je lui ai conseillé de poursuivre le syndicat en justice, dans un réflexe… très américain ! Je crois que je commence à être contaminée moi...

Retour total à la normale demain matin, ce qui va me permettre de reprendre mes folles aventures... pour demain soir, un post "marin" vous attend!

Par Sarah Benlolo - Publié dans : Petite vie quotidienne...
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 02:25

Hier, je vous avais concocté un petit post explicatif sur le pourquoi de la fameuse grève des transports, dont tout le monde parle… aujourd’hui, un petit post plus anecdotique, sur les petites aventures au J-2 de celle-ci.

Il y a bien sûr ceux qui souffrent de la grève. Même si j’avoue que je suis assez impressionnée de l’état d’esprit des new-yorkais, qui continuent leur petite vie sans se plaindre, sans se poser dix mille questions, avec un certain fatalisme en fait, du genre « bon on ne peut rien y faire alors comme toujours on fonce ».

Parmi ceux qui souffrent de la grève, on pense bien sûr aux travailleurs, mais des fois on a des petites surprises, comme par exemple l’église à côté de mon travail, qui a dû modifier ses heures de service, car le prêtre n’arrive pas à l’heure !

Beaucoup avait pris un jour hier, ce qui fait que bizarrement la ville était assez calme. Ce qui est très frappant, surtout dans le quartier où je travaille, qu’on appelle Midtown. C’est le quartier des gratte-ciels, des banques européennes (les américaines sont plutôt à Wall Street), bref le quartier des jeunes cadres dynamiques qui viennent au travail en skate-board J Normalement, c’est odeurs de nourriture partout (à cause des petits kiosques à hot-dogs à chaque coin de rue), sirènes hurlantes, klaxons, embouteillages interminables à toute heure de la journée, et foules sur les trottoirs.

Hier, après quelques pérégrinations, je suis finalement arrivée au travail à 11h (après une bonne marche J ), et j’ai été très surprise de trouver le quartier « vide ». En fait, on voyait quasiment plus de touristes que de salariés !

Situation différente aujourd’hui, car les gens ont déjà perdu un jour de travail hier, et ne peuvent se permettre d’avoir plus de retenues sur leur salaire. Par tous les moyens, ils se sont donc organisés pour venir. Au deuxième jour de grève, les gens se « rôdent » petit à petit… Il y a ceux en vélo, en rollers, en skate-board (avec le verglas qu’il y a par terre je ne sais pas comment ils font). Ceux qui continuent à prendre leur voiture, et qui organisent des stops différents pour passer prendre leurs collègues. Et puis, ceux qui tentent le taxi…

Le taxi, ca m’amène à vous parler de ceux à qui la grève profite quand même un peu. Avec le trafic que la grève engendre, les chauffeurs de taxi ne peuvent pas avoir autant de clients différents en une seule journée. Pour compenser cette perte, le maire de New York a mis en place une régulation spéciale : les chauffeurs ont le droit et sont même encouragés à prendre 4 clients à la fois, et il n’y a pas de compteur. Pour la prise en charge, chaque client paye 10 dollars, et ensuite, la ville est divisée en 4 zones. A chaque fois qu’on passe une zone, on paye 5 dollars de plus. Mais attention, même si les quatre passagers vont exactement au même endroit, ils doivent payer chacun ce forfait, ils ne peuvent pas partager le prix ! Les chauffeurs de taxi, hier, étaient un peu les « rois du monde », avec tous les gens qui n’avaient plus de métro !

Et les autres qui profitent de la grève, ce sont les restaurants qui organisent des livraisons à domicile ! Ici le « delivery », la livraison, c’est presque une religion : on pourrait ne vivre que de ça ! Ce qui explique en partie le fait que personne ne cuisine, tout est mis à disposition. Eh bien aujourd’hui, les livreurs à vélo ont eu beaucoup de travail ! Car avec le nombre de gens qui sont restés chez eux, la livraison reste une solution quand même bien pratique…

Les rumeurs disent que la grève pourrait se finir demain soir. Si seulement…
Par Sarah Benlolo - Publié dans : Petite vie quotidienne...
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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /Déc /2005 05:50

La une des journaux ce soir reprenait toujours le même mot : « Strike », la « grève », en général en grosses lettres noires. Une grève en France, on ne s’étonne plus, on vit avec, on a l’habitude. Evidemment ça ennuie les usagers, mais ça passe…

Ici, la grève des transports, telle qu’elle a commencé ce matin, est un événement historique. La dernière remonte à 1980, et avait duré… onze jours.

Onze jours, sans un bus, sans un métro. Imaginez la paralysie, quand chaque jour ce sont sept millions de personnes qui utilisent les transports en commun pour se rendre à leur travail, aller et retour.

Explications : la compagnie des bus et métro, la MTA, renégocie environ tous les trois ans les contrats de ses employés. Ceux-ci sont représentés par des syndicats, dans le genre très influents et qui utilisent à fond l’arme du lobby. Il y a trois ans déjà, les employés de la MTA avaient menacé de bloquer NY, au moment de ces fameuses discussions. Mais voilà, la ville se remettait à peine du choc du 11 septembre, les caisses de la municipalité et de la compagnie des transports étaient vides. Les salariés ont donc accepté à l’époque des contrats qui étaient à peine revalorisés.

Situation très différente aujourd’hui, car l’entreprise a dégagé un (gros) bénéfice, mais ne prévoit pas d’augmenter de façon conséquente les salaires. Et surtout, elle a décidé de réduire nettement les pensions de retraite, et les mutuelles de santé. Je ne rentre pas dans les détails, mais je pense que vous avez compris le fond du problème.

Résultat, depuis environ 15 jours, les médias suivent au jour le jour les discussions. Qui bien sûr ne donnent rien. Cette nuit, à expiration de la deadline de minuit, les syndicats ont déclaré la grève. Et comme ici on ne plaisante pas, histoire que personne ne soit tenté de conduire un métro, les rames ont été attachées par des chaînes aux rails ! Au passage, la grève est illégale aux Etats-Unis dans les services publics, et le syndicat est sous le coup d’une amende d’un million de dollars par jour de grève !

Ce matin, tout le monde a donc marché, et marché… il y a 25 ans, la grève était en avril, pas franchement les mêmes températures pour rester dehors que les –5 degrès de ce matin ! Mon doorman au travail, par exemple, a fait 2h30 de vélo depuis le Bronx pour venir travailler , et devait les refaire au retour. Car les gens sont payés à l’heure, et grève ou non, les jours non travaillés seront retenus sur leurs salaires. Le maire de New York, Mike Bloomberg, a estimé le coût de la grève à 400 millions de dollars par jour… je vous laisse faire l’addition J

La grève est évidemment reconduite pour demain, et jusqu’à quand ?  Il ne reste plus qu’à espérer que Noël approchant, ils arrêteront vendredi soir. Mais ça, c’est loin d’être gagné…
Par Sarah Benlolo - Publié dans : Petite vie quotidienne...
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /Déc /2005 05:15

Expérience grandiose cet après-midi devant la télévision new-yorkaise… pour la peine je retarde un peu le post du jour que j’avais prévu, et je vous raconterai mes aventures côté travail un peu plus tard (certainement demain d’ailleurs).

Donc, revenue tout fraîchement de ma matinée sportive (aller faire du sport par –2 degrés il faut le vouloir mais bon…), je m’installe quelques instants devant la télévision, pour un zapping dominical… à vrai dire j’espérais trouver du football enfin du soccer comme ils disent ici) à regarder, mais voilà, tous les programmes se sont subitement métamorphosés depuis Thanksgiving (fin du mois de novembre) pour prendre des accents désespérément niais et faussement sympathiques… Noël oblige je suppose.

Bref me voilà devant la télévision. Bon chaîne 3, Le Magicien d’Oz… non, il passe à peu près un jour sur deux en ce moment toutes chaînes confondues… chaîne 5, Bob l’éponge… encore moins ; chaîne 9, Casse-Noisette sur glace… alors là vous voyez c’est le très grand show à l’américaine, avec plus de gros plans sur le public en extase avec un sachet de pop-corn à la main, que sur ce qui se passe sur la patinoire… Un ex-espoir du patinage américain en rôle principal, et des commentaires sur la magie de Noël… je tiens 3 minutes et j’avance dans mon zapping.

Chaîne 11, enfin quelque chose d’intéressant pour l’apprentie danseuse que je suis, Dirty Dancing, un film que je n’avais pas vu depuis un moment, mais dont je me rappelle encore les chorégraphies par cœur. Le film a commencé depuis 5 minutes, parfait… au bout de 20 minutes, il me semble qu’une coupe  a été un peu bizarre, mais après tout, je n’ai pas vu le film depuis un bout de temps, j’ai dû rêver…

Mais voilà, arrive la scène de l’entraînement au porté, et… vlan ! toute la scène de la répétition dans l’eau disparaît ! Je m’interroge, et je me dis « non quand même ils n’ont pas censuré Dirty Dancing, juste pour une scène ou une jeune fille porte un t-shirt mouillé… ». Eh bien si, la suite du film est une succession de coupures barbares, commençant à chaque esquisse de baiser pour se finir on ne sait où…

Et voilà un exemple saisissant de la grande contradiction du puritanisme à l’américaine, où partout on jouera sur le côté sexy, ventre plat et poitrine opulente, mais où on créera un scandale quand Janet Jackson dévoilera un quart de sein à la télévision… et où on censurera un film aussi fleur-bleue que Dirty Dancing

Pour info, la dernière fois que j’ai vu un film censuré dès le moindre contact de lèvres, c’était Titanic, sur lequel j’étais tombée pendant un séjour de quelques jours en Egypte…

Par Sarah Benlolo - Publié dans : Petite vie quotidienne...
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